Comment êtes-vous devenu dessinateur?
Je dessine depuis toujours. J’ai commencé à faire de la bande dessinée à l’age de sept ans. Elle ne cesse pas de me passionner.

Ce choix a-t-il été difficile à faire?
Non, pas du tout. Même si au début j’avais des doutes si j’allais vraiment pouvoir gagner ma vie avec les dessins.

A votre avis, que pensent les Finlandais de la bande dessinée?
Ils ont commencé à l’apprécier de plus en plus. Le magazine Donald a joué un rôle très important dans leur “éducation”, si vous voulez.

En France, on utilise maintenant le terme “littérature graphique” pour parler de la bande dessinée. Qu’en pensez-vous?
Je pense que ce terme est venu en France des Etats-Unis. Les Américains ont commencé à utiliser le mot “graphic novel” quand ils parlaient de la bande dessinée plus sophistiquée. Là-bas, le mot américain original pour la BD, “comic book” est aujourd’hui utilisé seulement quand on parle des BDs pour les adolescents, les “superhero comics”.

Quels artistes ou quels dessinateurs vous ont influencé?
Ils sont nombreux… je lis toujours beaucoup des BDs. J’adore le style de Moebius/Jean Giraud, par exemple. J’aime beaucoup aussi les dessinateurs underground américains, Robert Crumb, Paul Mavrides etc. Quand j’habitais à Paris en 1995-96 j’ai fréquenté le studio de Gilbert Shelton, le créateur des “Freak Brothers”, qui est un bon ami et une influence très importante.

Vous lisez toujours des bandes dessinées? Si oui, lesquelles?
…Carl Barks, Hergé, Milo Manara, Hugo Pratt, Hunt Emerson, Will Eisner…

Comment pourriez-vous présenter votre travail à nos lecteurs qui ne le connaissent pas?
Je fais une bande dessinée publiée quotidiennement dans environ 30 journaux partout en Finlande. C’est une histoire drôle d’une fille qui habite avec un cochon.

Avez-vous été traduit?
Oui, en suédois. J’avais aussi une exposition à Paris à l’Institut finlandais en janvier ’02. Il y avait une centaine de strips traduites en français.

Utilisez-vous toujours un crayon ou l’avez-vous remplacé par un ordinateur?
Je travaille avec un crayon, une plume et un pinceau quand je fais le dessin en noir et blanc. Je mets les couleurs à l’aide d’un ordinateur.

Comment est né le projet de transposer VIIVI ET WAGNER au théâtre?
Il m’a été proposé par le directeur du théâtre.

Quelle a été votre implication dans ce projet?
J’ai écrit le scénario, c’est tout.

Quelles ont été les plus grandes difficultés qu’a posées cette adaptation?
Il faudrait plutôt demander au metteur en scène, mais je crois que c’était le personnage de Wagner. Comment un homme fait-il pour jouer un cochon… hmm, maintenant quand j’y pense, peut-être que ce n’était pas aussi difficile que ça…

Est-ce un peu bizarre/étrange de voir les personnages que l’on a créés de toutes pièces prendre vie sur scène?
C’était très bizarre. Je me souviens de la première fois quand je suis allé au théâtre pour suivre les répétitions. L’actrice qui joue Viivi était déjà en costume. On s’est croisé dans le couloir par hasard. J’étais mort de rire, tellement c’était étrange de voir cette fille.

Pensez-vous que les spectateurs de la pièce et les lecteurs de votre bd sont les mêmes personnes?
Oui et non. Il y a ceux qui veulent voir les deux. Mais il y en a sans doute d’autres qui hésitent parce qu’ils ont peur que le théâtre ne détruise l’illusion de la bande dessinée.

Souhaitiez-vous toucher un public différent?
Non, pas tellement. En fait, je ne pense jamais au public. Tout ce que je fais, je le fais pour moi. C’est un peu égoïste, mais tant pis. Au moins je sais ce que je veux.

Le spectacle va-t-il se déplacer en Finlande?
Sans doute.

Un de vos collègues, Tarmo Koivisto, nous disait que vous avez des attaches en France. Vous y allez régulièrement? Dans quelle région?
Oui, j’y vais depuis toujours. J’ai de la famille en France, des cousins, des tantes… Je passe souvent mes vacances en France et j’ai aussi habité là-bas. J’ai des bons souvenirs, surtout du 10e et du 11e arrondissement de Paris. Très joli. Tous les ans, en janvier, je vais à Angoulême quand il y a le Salon de la BD. L’année prochaine, ça fera la 16e fois que j’y vais… c’est une vraie obsession… ha ha, on peut le dire, non?

Si vous deviez citer le dessinateur français que vous préférez…
J’en ai déjà parlé: Jean Giraud/Moebius. Il est excellent.

Quels sont vos projets?
Continuer à faire de la bande dessinée. J’ai toujours de nouveaux projets dans ma tête mais le succès de Viivi et Wagner m’empêche de les réaliser… trop d’interviews… ;)