Comment êtes-vous devenu réalisateur?
A l’âge de 30 ans, après avoir exercé différents métiers j’ai eu l’envie de m’inscrire pour étudier la réalisation de films à l’institut des Arts industriels. J’ai été accepté, et me voilà .
Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours été un fou de films, je pourrais aller au cinéma au moins 2 ou 3 fois par semaine.
“Raid” est votre premier long métrage au cinéma. Pourquoi avoir décider de le faire? Etiez-vous fatigué de travailler pour la télé?
J’ai toujours eu, depuis mes le début de mes études, ce but de faire un film de cinéma. La popularité qu’a rencontrée la série télévisée « Raid » a rendu ce désir possible. Et pour répondre directement à votre question, oui j’étais fatigué de travailler pour la télé.
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est réalisateur en Finlande?
Le nombre de personnes qui parlent finnois dans le monde est assez petit, ce qui signifie que les films finlandais n’ont pas, en général, un nombre de spectateurs très important. Les ressources sont très limitées et la compétition est rude. Il semblerait que la réalisation de film n’est pas considérée comme un art – L’aide publique apportée à l’Opéra est cinq fois plus importante que celle accordée au cinéma ! Nous avons de très bons acteurs, de très bonnes actrices, de très bons auteurs – et des paysages où personne n’a encore eu l’occasion de tourner de film, la nature est toujours présente et très proche. Et la meilleure chose est que le public finlandais a repris goût au cinéma finlandais ! Il n’y a pas dans les films finlandais tout ce côté glamour assez malsain qu’on peut trouver à Hollywood.
Comment l’idée de faire ce film vous est-elle venue?
J’ai travaillé avec un autre scénariste Harri Nykänen. Nous avons créé et développé les idées ensemble. J’avais parfois des visions un peu « sauvages » et Harri, un ancien reporter spécialisé dans les affaires criminelles, me ramenait à la réalité. C’était très enrichissant pour nous deux. L’histoire de “Raid” est basée sur une histoire vraie, un vrai crime qui a eu lieu en
Estonie.
Comment avez-vous choisi les acteurs?
En général, je vais au cinéma et je regarde le travail de mes collègues en essayant de suivre les développements qui ont lieu, apprendre à connaître les nouveaux venus, etc. Il y a certains acteurs et actrices qui ont toute ma confiance, et en général je travaille avec eux. Dans “Raid”, 80% des acteurs avaient déjà travaillé avec moi et la plupart d’entre eux sont des amis. Je fais toujours appel à des acteurs ou à des actrices professionnels dans mes films.
Pendant le tournage de “Raid”, y a t il eu un moment ou une étape que vous avez préféré?
Le plus difficile mais aussi le plus gratifiant a été lors du tournage sur les deux îles : Le phare qui se trouve sur l’île de Porkkala, avec un paysage et une atmosphère incroyables A l’intérieur du phare, nous n’avions pas beaucoup de place et il était difficile de faire passer la caméra, mais je pense que les images que nous avons réussies à avoir étaient très bonnes.
L’autre île était la forteresse de Kuivasaari qui abrite le musée d’artillerie le plus grand d’europe. Nous en avons profité pour utiliser une de leurs armes dans le film.
Pour en citer d’autres, la montagne Saana et le lac Kilpijärvi en Laponie étaient géniaux aussi.
Le premier jour de tournage sur l’île Harmaja et notre rendez-vous avec un énorme brise-glace était vraiment imposant !
Certains réalisateurs disent que le montage d’un film est une expérience intense et gratifiante, mais qu’elle peut aussi être particulièrement difficile. Partagez-vous cette opinion?
Un film naît véritablement dans la salle de montage: tu peux détruire un bon film ou bien transformer un film modeste en véritable succès. Le montage de ce film a été difficile mais m’a apporté beaucoup de satisfaction. Je remercie Kauko Lindfors, le monteur, qui a eu assez de force et qui a survécu à cette expérience et à mon perfectionnisme. Mais, je pense qu’il doit être lui aussi perfectionniste.
Quelle image avez-vous du cinéma français?
J’apprécie sans aucun doute la culture du cinéma français. De l’autre côté de l’atlantique, aux
Etats-Unis, il n’y a pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une culture cinématographique. Les films français ont de l’esprit, les films américains sont bruyants.
Avez-vous un réalisateur français préféré?
Maintenant, nous arrivons à mon sujet de prédilection ! Il y a plusieurs réalisateurs : Jean
Renoir, Jean-Pierre Melville, Jean Vigo, François Truffaut. Tu as remarqué que trois des réalisateurs que je viens de citer ont le même prénom “Jean” !
Avez-vous un film français préféré?
“Touchez pas au grisbi” de Becker, “La grande illusion” de Renoir, “L’Atalante” de Vigo et “Le deuxième souffle” de Melville, et bien d’autres…
Que pensez-vous de la situation actuelle de l’industrie cinématographique finlandaise?
Il n’y a pas beaucoup d’argent dans ce domaine, mais le public est de plus en plus intéressé par les films finlandais, et ils vont au cinéma pour les voir. Je suis content qu’Aki Kaurismäki soit entré dans le groupe des “grands réalisateurs” internationaux avec son dernier film “L’homme sans passé”.
Quels sont les trois films finlandais qu’il faudrait absolument voir?
Mikko Niskanen: Kahdeksan surmanluotia, (Eight Deadly Shots)
Edwin Laine: Tuntematon sotilas (The Unknown Soldier)
Aki Kaurismäki: Mies vailla menneisyyttä (The Man Without a Past).
Quels sont vos projets?
Pour le moment je suis en vacances, je déneige mon jardin, je fais quelques réparations, un peu de sport… et je travaille sur l’écriture d’un nouveau manuscrit… quand les idées me viennent.
En automne, je réaliserai un film télévisé dont le scénario a été écrit par Jari Tervo.
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