Quand et comment a été créé le groupe?
Le groupe s’est créé en 1993 avec deux de mes camardes de musique de toujours autour de chansons plutôt humoristiques que j’avais écrites et préparées lors des années précédentes. Le tout dans l’ombre et en marge de ma participation à divers autres groupes musicaux. Il s’est créé juste après la dissolution subite d’un groupe antérieur composé à l’époque de futurs membres des “têtes raides” , de la “Mano Nègra” que vous devez bien connaître (ce groupe dissout s’appelait le “Waka waka”… )

D’où vient le nom du groupe?
Nous amusant à aborder tout un tas de styles très différents dans les musiques de nos chansons, la comparaison avec les divers déguisements, ou la multi-identités de grands Escrocs de ce monde était la bienvenue. D’où le nom des Escrocs : toujours sympas et jamais là où on les attend!
Un nom à connotation pas très sérieuse donc pas facile à défendre sur la longueur… il faut bien le reconnaître.

Quels musiciens vous ont influencés?
Tous les grands nous ont influencés. Comme dit le proverbe : “Il n’y a pas de petites musiques, il n’y a que de petits musiciens”
Toutes ces découvertes nous ont amenés à remonter à la source et à rencontrer des Serge Gainsbourg, James Brown, les Stones, les Beatles,  Bob Marley, Django, Louis Armstrong, Duke Ellington, tous les grands noms du jazz de la Nouvelle Orléans sans oublier la salsa, la bossa et les musiques du monde mélangées à une passion plus personnelle pour ma part en tant qu’auteur pour la grande chanson française avec les Brel, Brassens, Boris Vian etc.

Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
La France n’est pas un pays de musique. Les français ont peu de culture et d’oreille musicale. Ils consomment ce qu’on leur donne. Ca va mieux depuis que les gens voyagent plus. C’est un pays de palais, d’oeil et de littérature plus que d’oreille. Donc, mieux vaut ici faire du spectacle visuel et chanté que de la musique pure et dure. Ca tombe bien, c’est ce qu’on fait depuis le début!
Sinon, les médias français ont du mal avec l’humour mélangé à la musique. Ils aiment soit les comiques soit les chanteurs “sérieux”, mais pas les deux mélangés. Les clowns indispensables à toute société sont dénigrés. Ici, on colle vite des étiquettes sur les artistes. Attention de vous faire coller la bonne… c’est pas facile

Quelle(s) image(s) avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
L’image de la Finlande en gros ici c’est les grands festivals de Jazz, le sauna, et les grands pionniers des Porno movies des seventies!!!

Connaissez-vous la musique finlandaise / des artistes finlandais?
Je ne connais pas d’artistes de chez vous et je ne suis pas le seul. C’est dommage. Les médias français vous diffusent très peu…

Comment pourriez-vous définir votre style musical?
Notre style musical se définirait par un joli jeu de mots. Ce serait de la “dansons française” notre slogan : “le mot qui tranche, le son qui déhanche” le tout avec des textes tantôt drôles, tantôt graves. Bref, avec de larges contrastes d’humeur dans le tout.

Quels sont les sujets que vous abordez dans vos chansons?
Nous abordons des thèmes peu usités jusqu’à présent dans la chanson. Nos chansons sont burlesques, des portraits satyriques et pointus des gens, du quotidien bizarre, etc… Un peu comme dans les sketchs humoristiques des one man show.

Comment pourriez-vous définir votre style musical?
Notre style musical est assez classique… très “music-hall” et a peu changé au cours des années. Partant d’un groupe électrique et plus nombreux avec une basse, une batterie, des cuivres, etc… Nous en sommes rendus à une version plus acoustique et légère, mais puissante en expression qui laisse une large part aux textes et à l’ambiance burlesque.

Quel est dans votre répertoire le titre que vous préférez?
Je ne peux pas élire d’emblée un titre préféré parmi notre large répertoire. Personnellement j’aime beaucoup notre tube “ASSEDIC” qui est un beau résumé de notre démarche. Chanson drôle, insolente sur une jolie musique douce brésilienne. D’ailleurs, pour la seconde fois, ce titre va être pris en musique dans un gros film américain. Il avait déjà été repris pour un film qui s’intitulait “French kiss”, il y a quelques années, et très bientôt dans le prochain film avec Jack Nicholson… La consécration!

Faites-vous régulièrement des tournées?
Nous sommes beaucoup sur scène et en tournée. C’est par là que passe notre travail. Le public avant le métier!

Préférez-vous la scène ou le studio? Pour quelles raisons?
Nous aimons la scène et le studio. Il est plus difficile de faire un bon disque, qu’un bon concert… Il faudrait pouvoir vivre longtemps les titres sur scène avant de les enregistrer pour en extraire le meilleur, mais ça n’est pas toujours possible pour des raisons de planning, d’urgence de sortie d’album.

Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
Pour ma part, en tant qu’auteur et compositeur, j’aime plus la conception des chansons avec juste la guitare ou le piano, l’écriture des textes et de la mélodie, bref les grands “choix” de base. L’arrangement, la partie enregistrement et le mixage m’ennuient souvent. Un peu comme si pour moi, le bébé était né à l’écriture. Ce n’est pas le cas de mes camarades musiciens qui aiment beaucoup, et c’est normal, la partie “bricolage exécutif”. J’aime aussi beaucoup quand il y a des invités sur un ou plusieurs titres et qu’il se passe un “truc magique” dans le studio…

Redoutez-vous toujours la réaction du public quand vous sortez un disque?
On ne redoute pas la sortie d’un disque. Si ça plait tant mieux, sinon tant pis. On aura fait le maxi avec le budget qu’on nous a alloué (une lourde réalité quand on est pas les Stones!) Mais un disque est rarement fini quand il sort, beaucoup vous le diront.

Que pensez-vous d’internet en tant que musicien / compositeur?
Perso, je ne pense rien d’Internet. Ha si! C’est dur de répondre à des question en écrivant soi-même sur le clavier d’ordi. C’est un peu froid, mais bon. Le téléphone aurait été plus sympa, plus humain!!! Bref, je pense que les graveurs sont une connerie sans nom. Tout devient gratuit alors que rien n’est gratuit pour les faiseurs de disques. On devrait tout pouvoir graver. Les voitures, les bijoux etc.
Ca donnerait : “prête-moi ta Ferrari que je la grave pour faire un tour! Merci ” Vous imaginez la gueule de constructeurs…

Vous avez des projets?
Avec le groupe, nous allons bientôt fêter nos dix ans avec un max d’invités, dans une grande salle à Paris + la sortie d’une compilation avec en bonus plusieurs titres inédits déjà joués sur scène. Normalement, un album live et un quatrième album studio viendront ensuite mais pas tout de suite. Un peu d’écriture au calme s’impose.
D’autre part, nous sortons un jeu de partitions de huit de nos chansons faciles à jouer pour les gens sous forme de “petits formats”. Répliques des partitions vendues dans le temps par les chanteurs de rues… plus un volume deux de notre dictionnaire illustré d’expressions rigolotes “Le petit Escroc illustré”.
Pour ma part, j’ai fait, il y a deux ans, un premier album solo sous mon propre nom, Eric Toulis, intitulé “soyons bref” et je vais en faire un second très vite pour varier un peu les plaisirs à côté de mes activités au sein du groupe. Ce sera suivi d’une tournée en solo. Nous effectuerons durant ce temps que les grosses dates de concerts avec les Escrocs, festivals etc.

Voudriez-vous venir dans le Grand Nord pour y faire quelques concerts?
Ravi de venir chanter chez vous. Sauf que deux d’entre nous ne supportent pas l’avion. Embêtant… A suivre.