Quand et comment a été créé le groupe?
Dremmwel a été créé en 1986. L’idée est née en fait au Pays de Galles où René Marchand et moi même qui jouions alors la musique bretonne de façon très traditionnelle (couple biniou – bombarde) avions eu l’occasion de croiser nos instruments avec ceux d’autres musiciens bretons également présent là bas. De retour en Bretagne nous avons rapidement pris la décision de poursuivre cette expérience. Dans un premier temps Dremmwel était un trio (biniou, bombarde, clarinette, accordéon diatonique) puis nous avons ressenti le besoin d’étoffer d’avantage la formule en ajoutant des instruments comme la vielle par exemple. Différentes tentatives ont ponctué ensuite la vie du groupe, ajouts de piano, programmations, bouzouki, etc… Depuis dix ans Dremmwel s’est stabilisé autour d’un concept très particulier avec notamment la présence de la harpe celtique dans un contexte de musique à danser qui jusqu’ici n’avait que très peu fait appel à elle. Le groupe est en constante évolution et recherche. Cela s’est concrétisé récemment encore avec l’arrivée du batteur percussionniste dont la présence a beaucoup influé sur notre façon de jouer. A ce propos la presse a souligné à plusieurs reprises que Dremmwel se présentait souvent avec des couleurs musicales sans cesse renouvelées.
D’où vient le nom du groupe?
En breton Dremmwel signifie Horizon. C’est un mot qui pour nous s’est chargé de sens depuis que notre musique nous permet de voyager.
Quels musiciens vous ont influencés?
Chaque musicien étant de sensibilité différente, les goûts s’avèrent forcément très éclectiques. Il n’y a pas dans le groupe d’influence particulière dans la mesure où nous mettons toute notre énergie à bâtir un concept personnel. Mais les idées et les arrangements proviennent probablement sans que cela soit une volonté de notre part des différents artistes que nous apprécions les uns et les autres. Cela va de Max Roach aux Soeurs Goadec en passant par la musique baroque, certains compositeurs classiques, Django Reinhardt, Erik Truffaz, Thelonious Monk, le blues, Georges Brassens, Brel, Renaud Garcia Fons, Jean Louis Matinier, Paco De Lucia, Ali Farka Touré, du jazz, des chansons, des musiques du monde sans oublier bien sûr l’écoute attentive des archives de la musique bretonne traditionnelle qui sont notre source d’expression.
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
Comme c’est le cas probablement un peu partout il faut toujours être à la recherche de lieux inédits où rencontrer un nouveau public. C’est surtout la débrouillardise qui influe sur le positif comme sur le négatif.
Quelles images avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
Simplement celle que nous pouvons découvrir à travers des reportages TV. Aucun d’entre nous hélas n’y a encore séjourné.
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Hélas assez peu si ce n’est certains enregistrements de musique traditionnelle publiés dans la collection Ocora Radio France. Nous avons eu le plaisir de découvrir Maria Kalianemi au Festival de Dranouter en Belgique où nous jouions le même soir et puis de l’entendre peu après chez nous à Quimper. Un très beau moment. Nous savons par ailleurs qu’il est existe là -bas et dans les pays voisins des musiciens très impliqués dans l’électro jazz.
Comment pourriez-vous définir votre style musical?
A la base il y a et cela sera toujours le cas, la musique traditionnelle bretonne qu’elle soit à l’origine sonnée ou chantée. Nous travaillons toujours dans un premier temps à partir de sources sonores collectées et également à partir de partitions, manuscrits, etc… publiés depuis le XVIIIème. Il existe en Bretagne un fond musical très important qui si on veut bien prendre le temps de l’explorer contient encore des trésors en matière de style et de phrasés. C’est à partir de cela que nous mettons en forme notre musique. Les arrangements naissent dans un second temps au gré de nos influences du moment. Il n’est pas rare que nous composions des motifs personnels que nous glissons subrepticement ici et là . Notre principale activité est jouer une musique pour la danse. Nous animons régulièrement des festnoz (bals bretons) attirant un peu partout des centaines de danseurs tant en Bretagne que dans la diaspora où des communautés bretonnes sont très actives. S’ils ont prioritairement la fonction de faire danser, nous avons toujours fait en sorte que nos morceaux soient arrangés de telle façon que nous puissions les présenter un peu partout sous forme de concerts à des publics non initiés. Notre programme est complété par des compositions personnelles, des chansons ou des thèmes issus de la tradition.
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Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Oui dans le sens où nous par rapport à nos débuts, nous accordons une attention plus importante aux arrangements.
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
Chacun ne cesse d’apprendre en écoutant des choses très variées. L’arrivée de nouveaux musiciens est par ailleurs propice à des modifications et surtout à une reconsidération du groupe dans sa manière de jouer. Longtemps nous nous sommes produits sans rythmique. Nous devions constamment soutenir les morceaux de front. Aujourd’hui, les percussions nous offrent la liberté d’assurer une meilleure distribution des instruments.
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Nous sommes plutôt dans un processus d’évolution à partir d’un propos de base auquel nous n’avons pas touché.
Quels sont les sujets ou les thèmes que vous abordez dans vos chansons?
Des notions intemporelles que l’on retrouve d’une manière générale dans les traditions.
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Nous aimons les morceaux que nous mettons dans le programme. Les autres sont en sommeil mais il arrive qu’à partir de nouveaux arrangements nous redonnions vie à certains d’entre eux.
Faites-vous régulièrement des tournées?
Oui dès que l’occasion se présente.
Préférez-vous la scène ou le studio? Pour quelles raisons?
Ce sont deux choses bien distinctes. En studio on travaille à la loupe et c’est dans ce genre d’exercice que l’on fini par avoir des goût difficiles. L’exigence fait que l’on est porté à traquer constamment les défauts jusqu’à être complètement dégoûté de ce que l’on produit. Il se dit souvent qu’en sortant de studio les musiciens gagnent en maturité. La scène c’est une sorte de liberté qu’il faut conquérir en donnant généreusement autant que possible. C’est à la fois angoissant et grisant.
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
Tous les préparatifs jusqu’à ce que l’édifice tienne debout.
Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Comme d’habitude tout ce qui traîne à portée d’oreille.
Que pensez-vous d’Internet en tant que musiciens et compositeurs?
Nous l’utilisons en tant qu’outil pour préparer nos morceaux. De plus en plus une mélodie de base une fois choisie par l’un d’entre nous transite via internet par le guitariste qui l’harmonise et la réinjecte ensuite vers d’autres pour compléter les arrangements en fonction de leurs instruments. Nous gagnons ainsi beaucoup de temps en gardant intact l’esprit d’arrangement collectif tel que nous l’avons toujours pratiqué.
Pensez-vous qu’Internet représente une réelle menace pour les artistes (au sujet des droits d’auteurs)?
Chacun se rend bien compte que le pillage représente un vrai péril. La notion de gratuité développée sur le net fait un tort considérable aux moyens qu’exige la création et au travail lié à l’artistique. Cependant les avis sont partagés et l’on sait que des artistes voient un signe de reconnaissance en tout cas d’existence dans le piratage de leur musique. Certains vont jusqu’à mettre eux même leurs titres en ligne, convaincus qu’il faut par tous les moyens que leur oeuvre circule. Internet à ceci d’irremplaçable c’est qu’il est la plus grande vitrine dont on peut rêver.
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Quels sont vos projets?
Construire de nouveaux morceaux, ce que nous ne cessons jamais de faire. Nous travaillons actuellement sur un projet passionnant dont la première aura lieu en mai. Il s’agit d’un concert autour de la chanteuse Louise Ebrel qui n’est autre que la fille d’Eugénie l’une des trois légendaires Soeurs Goadec. Nous avons choisi des chants de son répertoire familial en langue bretonne sur lesquels nous avons conçu des arrangements. Il s’agit d’une façon toute particulière de chanter qui entraîne vers la profondeur de l’expression bretonne. Le spectacle est conçu de façon très variée avec également des séquences essentiellement instrumentales de sorte que ceux qui viendront nous voir entendront un panorama assez complet de ce qu’il est possible de proposer en matière de musique bretonne.
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Seriez-vous prêts à venir dans le “Grand Nord” pour faire quelques concerts?
Avec plaisir. Partir à la rencontre des gens, leur parler de la Bretagne grâce à notre musique nous plait énormément.
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