Quand et comment a été créé le groupe?
Le groupe existe depuis septembre 1998. Il a été créé principalement sur l’initiative de deux groupes de musiciens d’Epinay-sur-Seine. On se connaissait depuis longtemps, certains même depuis l’école primaire! On a eu envie de fusionner pour faire de la fusion.
C’est surtout qu’on a beaucoup d’influences communes, du coup c’était quelque chose de naturel de faire de la musique ensemble. Et puis on a participé au pilote de Pop Star, ça crée des liens. J
D’où vient le nom du groupe?
Ben à votre avis? OUI BIEN SUR! De la boisson alcoolisée suédoise du même nom (à une voyelle près). Mais en plus c’est un nom qui sonne bien et de la même façon dans plusieurs langues, et comme on aime bien les langues étrangères.
Quels musiciens vous ont influencés?
Trop pour pouvoir en parler en une réponse mais disons que ce qui nous rassemble et ressemble le plus ce sont des groupes comme Fishbone, Faith No More, Deftones, System Of A Down, Cypress Hill, Rage, Urban Dance Squad, Alice In Chains, Soundgarden, Asian Dub Fondation, Busta Rhymes, Sepultura, NTM, Muse, Chemical Brothers, Incubus, Lee Perry, Suicidal Tendences, Squarepusher, Prodigy, etc. Et puis on écoute toutes sortes de musiques du Jazz au Classique en passant par l’Electro ou l’Afro-Cubain, bref on aime la musique en général et on en met des petits bouts de temps en temps dans la nôtre.Â
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
Tout dépend de la musique que tu fais. Mais bon, d’une manière générale, musicien en France ce n’est pas un métier. Il est très difficile de pouvoir vivre décemment en ne faisant que de la musique. C’est d’autant plus dur que, dans la mentalité des gens, faire de la musique est considéré comme une distraction mais pas comme une activité professionnelle ou lucrative.
En dehors de ça, il est plutôt intéressant de faire de la musique en France du point de vue culturel. C’est un pays très ouvert aux autres cultures, quoiqu’on puisse en dire parfois, et qui offre donc une richesse d’inspiration et de création, c’est notamment dû au fait que la musique n’y est pas encore totalement engloutie par le business.
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Quelles images avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
Evidemment il y fait froid. Mais à par ça la Finlande, à l’instar des autres pays scandinaves, a une image plutôt clean et presque exemplaire dans certains domaines. Je ne sais pas si c’est vrai mais il paraît que les gens son accueillants et savent faire la fête (justement parce qu’il fait froid et que les hivers sont long et rude.) mais en fait, en France, je crois qu’on ne connaît pas vraiment bien la Finlande. C’est un pays très mystérieux.
Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
On ne connaît que Waltari, c’est un groupe qu’on aime beaucoup dont on n’a plus de nouvelles d’ailleurs, mais il y a quelques années ils ont fait de bons albums (Torcha, So Fine, Big Bang).
Il y a aussi des groupes de Black Metal du genre Dark Tranquility qu’on connaît vaguement. Sinon j’ai dû entendre un peu de musique folklorique finlandaise une fois mais bon, on connaît plus les groupes suédois chez nous. Désolé, cela dit on aimerait bien en savoir plus sur votre pays merveilleux!
Comment pourriez-vous définir votre style musical?
Alors évidemment, ça c’est toujours la question qu’on nous pose et qu’on déteste. Surtout que dans notre cas très souvent les gens ont des références différentes et ce n’est pas évident de nous situer musicalement. Disons qu’on fait de la Fusion (ou Crossover) de Rock-Metal-Hard Core-Hip Hop-Techno-Electro-Ragga-Jungle avec un peu de Groove par-ci, un peu de Dub par-là , une pointe de Trip Hop relevée par un nuage de musique traditionnelle (Ethnique). C’est peut-être un peu flou mais pour se faire une idée plus précise, il suffit d’écouter et là tout est plus simple (vous pouvez par exemple aller sur notre site : http://groupe-absolute.fr.st pour écouter des extraits de l’album « Bâillonnés » et des inédits.)
Notre style c’est le Crossmetal Beat, on l’a inventé, c’est breveté, marque déposée, mais on hésite encore avec Spatial Neo Flow et New Style.
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Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Non, on a peur du changement. Il a évolué, c’est sûr. Changé, je dirais plutôt qu’il s’est précisé. Au début, comme tous les groupes on se cherchait un peu, mais surtout on reprenait des morceaux du répertoire de nos anciens groupes ce qui fait qu’on n’avait pas vraiment le style d’Absolute à proprement dit. Par contre, plus on compose ensemble et plus on précise notre style.
D’ailleurs le compliment qu’on nous fait le plus souvent dans les chroniques de l’album c’est que, malgré la diversité des influences, l’ensemble reste cohérent et compact. Et avec les nouveaux morceaux qu’on est en train de préparer pour le deuxième Album cette tendance se confirme et notre style s’affirme de plus en plus.
Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
Ils sont dus à notre évolution de musiciens. On évolue avec le temps, l’expérience et l’habitude de jouer et de créer ensemble. Et puis il y a les influences musicales qui évoluent aussi bien sûr et qui ont évidemment un impact sur notre musique. Et puis depuis qu’on joue au golf on a acquis une certaine sérénité (rires).
Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Oui bien sûr, d’ailleurs le troisième album sera résolument médiéval (rires). En fait, je crois qu’on ne se pose pas sérieusement ce genre de question. C’est quelque chose qu’on n’anticipe pas.Â
Si le style de musique change vraiment, le nom devrait changer aussi.
Quels sont les sujets que vous abordez dans vos chansons?
On parle de nous, de ce qu’on ressent vis-à -vis du monde dans lequel on vit. Ce sont bien souvent des réflexions sur les problèmes sociaux de notre quartier jusque plus généralement dans le monde. Les dérives économiques et écologiques du système international qui nous poussent à nous poser de sérieuses questions sur ce qui nous attend dans quelques années, sur ce qui se passe déjà en ce moment. Beaucoup de choses nous choquent ou nous révoltent et on l’exprime dans nos textes et à travers notre musique.
Parfois les textes sont plus légers et parlent de notre façon de vivre, de ce qu’on a vécu sentimentalement ou de nos délires. Nos textes ont toujours un ton un peu décalé, fun ou énervé mais jamais dégoûté ou désespéré. Il y a suffisamment de quoi nous accabler tous les jours à la télé et c’est ce qui fait que les gens ont peur de bouger, de réagir quand quelque chose ne va pas. C’est ce qui nous bâillonne tous, cette peur de perdre notre petit confort qui est entretenu par les médias. On aimerait que ce qu’on raconte fasse réagir les gens dans le bon sens, c’est-à -dire de prendre les choses en main et de ne surtout pas laisser les politiciens ou les religieux corrompus et pourris jusqu’à la moelle décider à notre place.
Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Aucun, de toute façon c’est tout pourrit ce qu’on fait (rires). Non, j’aurais vraiment du mal à dire qu’un titre soit mieux qu’un autre. Je crois qu’on n’est pas assez vieux encore pour avoir autant de recul sur notre musique.
Faites-vous régulièrement des tournées?
Oui, en ce moment d’ailleurs nous tournons dans toute la France avec un autre groupe : Freedom For King Kong sur presque toutes les dates, et aussi Wünjo sur trois ou quatre dates. L’année dernière on a fait la tournée de promotion de l’album « Bâillonnés » avec notamment une tournée de Show case dans les Fnac françaises.
Ainsi que les grands Stades : Wembley, Pasadena Rose Bowl, Tokyo, Madison Square Garden et bien sûr Le Stade de France à Saint Denis (rires).
On n’a malheureusement pas eu l’occasion de tourner à l’étranger. Pour l’instant on n’a fait qu’une seule date à Bruxelles, c’était excellent le public a super bien réagit et les conditions étaient top (on a joué à l’Ancienne Belgique en première partie de Pleymo et Do Or Die). Â
Préférez-vous la scène ou le studio? Pour quelles raisons?
La scène est notre terrain de prédilection, c’est là qu’on exprime le plus de choses et qu’on extériorise tout ce qu’on a besoin d’expulser. C’est un besoin vital. Le studio c’est plus un trip intimiste et interne, pour moi c’est intéressant lorsqu’on prend part au mixage et aux arrangements. C’est plus une performance technique qui a sa récompense plusieurs jours, voir plusieurs semaines après.
Je pense que quand on sera riche et célèbre, que les producteurs se battront pour nous produire et qu’on sera trop déchiré pour jouer sur scène, on préfèrera définitivement le studio (rires).
Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
Il y a deux étapes, le moment où on est en train de créer le morceau, la composition à proprement dit et le moment où on mixe le titre qu’on vient d’enregistrer. En gros, le début et la fin. Mais il y a des exceptions suivant les morceaux, parfois la composition est un peu fastidieuse mais le résultat et toujours enthousiasmant. Parfois on est obligé de se battre pour imposer nos idées et comme c’est toujours les mêmes qui gagnent.
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Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Muse, Morcheeba, Fear Factory, Reverent Horton Heat et Lorie bien sûr (rires).
Que pensez-vous d’Internet en tant que musiciens et compositeurs?
C’est nul, c’est trop lent, il y a des virus, ça “bug” tout le temps, non vraiment c’est archaïque et complètement bidon. Rien ne vaut un bon vieux minitel (rires).
C’est un excellent moyen de promotion, quand on sait bien s’en servir et qu’on a le temps de s’en occuper. L’aspect positif c’est que ça a secoué le monde de la production et surtout de la distribution discographique parce que c’est le moyen de se faire connaître mondialement sans avoir besoin de tous ces réseaux mercantiles. Le problème c’est que justement il est quasiment impossible de contrôler l’aspect commercial. Du coup il se pose des problèmes d’intégrité de la création artistique. Â
Pensez-vous qu’Internet représente une réelle menace pour les artistes (au sujet des droits d’auteurs)?
A la base, cela n’aurait pas dû être une menace parce que, jusqu’à une certaine époque, le public allait acheter les disques des artistes qu’il soutient et qu’il aime, et Internet permettait de découvrir plus facilement les artistes méconnus sans être obligé de prendre un « risque » financier. Le problème c’est qu’aujourd’hui tout le monde se sert abondamment dans tous les répertoires sans avoir la démarche d’acheter ce qui lui plait vraiment. Il faut faire prendre conscience aux gens que s’ils veulent continuer à écouter leurs artistes préférés, il faut acheter leurs disques. C’est comme avec ton boulanger, si tu lui voles son pain tous les jours, il finit par faire faillite parce qu’il lui faut de l’argent pour le fabriquer. C’est évident, tout le monde le sait, mais personne ne semble vouloir vraiment évoluer dans ce sens.
C’est aussi à cause du prix des disques, ils sont devenus trop cher et trop taxés. Alors forcément, quand on peut les avoir gratuitement sur le web, c’est plus tentant. Il faudrait certainement que les distributeurs fassent moins de marge commerciale sur les disques et que l’Etat baisse les taxes, en France la taxe sur le disque est de 19,6%!!!
Quels sont vos projets?
Faire un deuxième album, une tournée puis un troisième album, une autre tournée, puis un quatrième album, encore une autre tournée, puis un cinquième album, une tournée de plus, puis un sixième album, et encore une tournée Paul! , puis un septième album, allez c’est ma tournée cette fois. Puis un autre album, et un autre et un autre encore, pour les tournées faudrait que les autres aussi y s’y collent parce que j’ai plus un rond. Et pour finir conquérir le monde et l’univers tout entier du cosmos intersidéral.
Seriez-vous prêts à venir dans le “Grand Nord” pour faire quelques concerts?
Ah, enfin une question pertinente et pleine de bon sens (rires). Bien évidemment ce serait un plaisir de venir nous exprimer sous vos latitudes. Car comme je te disais avant, on ne connaît pas bien cette partie de l’Europe et je pense que le public scandinave peut être très réceptif à notre musique. Donc c’est quand vous voulez!
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