Quand et comment a été créé le groupe?
Le groupe a été créé en 1996, à Chambéry, où nous nous sommes rencontrés et où nous répétons encore aujourd’hui. Nous nous sommes connus en gros entre 17 et 20 ans, par le milieu musical de cette petite ville, et après quelques groupes plus ou moins éphémères,
MacZde Carpate est né.

D’où vient le nom du groupe?
MacZde Carpate est une interjection phonétique sortie un soir de nulle part, et qui a priori ne voulait rien dire. Seulement, c’est sur ce nom, et sur cette orthographe que nous nous sommes reconnus. Ce nom ne fait pas référence à une culture musicale ou autre. Aujourd’hui, pour nous, il définit donc tout un univers.

Quels musiciens vous ont influencés?
Les 4 membres de MacZde Carpate ont des goûts différents et assez marqués; nous nous sommes retrouvés au départ sur le rock qui nous paraissait original (Pixies, Pearl Jam, Alice in chains, Dead Can Dance, Primus, puis Tool, Kyuss), ainsi que les nombreux groupes très créatifs qui nous ont été donnés de voir en concert. Nous nous sommes parallèlement immergés dans le reggae et le dub, dans différentes musiques électroniques, dans certains aspects de la chanson française… Je pense que ce qui demeure une influence se fait dans le temps, après digestion. Pour ma part, de nombreux groupes et musiciens africains m’ont influencé depuis avant que je joue de la musique.
 
Quels sont les aspects positifs et négatifs quand on est musicien en France?
Malgré les menaces et détérioration qui pèsent en ce moment, le système de l’intermittence du spectacle n’a pas vraiment d’équivalent ailleurs. Cela consiste en une allocation qui complète les jours pendant lesquels les artistes ou les techniciens du spectacle ne sont pas payés. Seulement, pour un ordre d’idée, nous sommes 3 intermittents sur 4 musiciens, et nous avons difficilement obtenu ce régime pour la première fois depuis 8 ans d’activité… Sinon, la scène française ne doit pas être bien différente qu’ailleurs : les maisons de disques y fabriquent des pop stars sur mesure, les réseaux undergrounds produisent beaucoup sans visibilité, mais finalement, on peut trouver des choses intéressantes partout : Dominique A, High Tone, Ez3kiel, Françoiz Breut, Lofofora….
 
Quelles images avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
Une terre à la faible densité de population, des étendues de lacs, de toundra et de taïga, après au niveau des habitants, fautes d’être allé voir sur place. Nous avons en tête des stéréotypes qui concernent plus les sociétés scandinaves en général : sens de l’intérêt général, de l’hospitalité, du respect de la nature les rares finlandais que j’ai rencontrés étaient des gens très doux.

Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Je ne courrai pas le risque de citer des noms qui se révéleraient être suédois ou norvégiens! En tout cas de ce qu’on a pu percevoir, il semble y avoir une grande créativité, du hardcore, à l’électro en passant par les musiques traditionnelles… on en apprendra plus en venant partager la scène sur place!

Comment pourriez-vous définir votre style musical?
Simplement un rock bâtard, le plus libre possible, issu de l’improvisation et base sur l’énergie.

Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Change non, mais évolué, certainement; en fait les membres et la recette de départ étant la même, tout ce qui a été fait et qui reste à venir est une question de maturation.

Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
N’ayant pas l’impression de s’imposer de limites au sein du groupe, cette question ne se pose pas. Après nous apprécions individuellement de jouer avec d’autres personnes dans des contextes différents, malheureusement, le temps et les occasions se font rares…

Quels sont les sujets que vous abordez dans vos chansons?
Nous aimons les mots pour leurs similitudes avec les sons des instruments. Suivant comment ils sont assemblés, ils génèrent des images, des sensations.
Nos textes sont souvent en impression… ils collent aux ambiances créées par la musique. Ce peut être aussi des états d’esprits, des émotions, avec suffisamment de place pour que l’auditeur y connecte son monde intérieur.

Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Cela dépend trop des circonstances pour répondre.

Faites-vous régulièrement des tournées?
De plus en plus.

Préférez-vous la scène ou le studio? Pour quelles raisons?
Je dirais la scène dans la mesure ou en studio, il faut figer un morceau de manière définitive.

Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
Une fois que tout le monde est ok sur la trame d’une chanson, une émulation d’idées débute pour tout ce qui est petits détails et arrangements.
La fin des prises est un moment agréable, presque nostalgique, car on a tout donné, et commence le labyrinthe du mixage.

Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Antipop Consortium, Blond, Iva Bitova, Jull, Marc Ribot.

Pensez-vous qu’Internet représente une réelle menace pour les artistes (au sujet des droits d’auteurs)?
Internet n’est qu’un outil, sans précédent à ce jour. Il permet une démocratisation culturelle inégalée, c’est donc une bonne chose. Il n’y a que les gros et très gros qui perdent de l’argent. En étant peut être optimiste, je dirai que si un type télécharge toute la journée, ça lui permet de découvrir plein de choses et s’il tombe sur un truc qui lui plait vraiment, il peut l’acheter. Pour les droits d’auteurs, il y a quand même beaucoup d’intermédiaires qui en profitent bien plus que les internautes… comme les opérateurs. A terme, pourquoi ne pas leur imposer une taxe qui irait aux auteurs?
 
Quels sont vos projets?
Beaucoup de concerts sur toute cette année, et entre deux départs, prendre le temps de se poser pour faire du nouveau. Nous avons mis 2 ans à sortir cet album; ce fut très long mais nécessaire pour rassembler des partenaires motivés. Il fallait répéter pour toujours perfectionner les concerts. Maintenant que c’est sorti et que le concert est à peu près au point, on va enfin se remettre à la raison première de tout ce bordel : la musique.

Seriez-vous prêts à venir dans le “Grand Nord” pour faire quelques concerts?
Avec le plus grand plaisir; j’espère d’ailleurs que cette question ne restera pas sans suite…