Pourriez-vous nous dire comment avez-vous décidé de devenir musicien?
Je crois que cela s’est décidé pour moi quand j’avais dix ans, après avoir entendu Jimi Hendrix (l’ÃŽle de Wight) et Les Beatles (Abbey Road). Mais cela a toujours été très difficile de m’adapter concrètement.

Parmi tous les musiciens qui vous ont influencé, quels ont été les plus marquants?
Pour les influences c’est difficile à déterminer parce que j’ai écouté des musiques très différentes. J’ai beaucoup écouté la scène pop rock anglaise des 70’s, aussi bien T-rex, Bowie, que Robert Fripp, Brian Eno, etc.. Mais aussi le Niel Young, the Velvet Underground, Lou Reed, Iggy pop, the Residents, Frank Zappa, etc.. Parmi les Français j’ai écouté Brel,
Gainsbourg, Brassens. Mais je n’essaie pas d’imiter.

Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’être musicien en France?
Le marché et les structures permettent de vivre, et donc de faire de la musique, à un petit nombre. Aujourd’hui il y a un paradoxe français, parce qu’on “consomme” des disques d’artistes étrangers qui sont importants dans leur propre pays, alors que les artistes français qui ont du crédit chez les Anglo-Saxons, sont ici en marge.

Si je vous dis “Finlande” à quoi pensez-vous?
La nature, les forêts, des espaces, le ski, la neige, le sauna,
Jean Sibelius, Aki Kaurismäki, des jours sans nuit et des nuits sans fin.
L’architecture, le design, le cinéma, les groupes de death métal.

Quelles images avez-vous des Finlandais?
Un peuple de traditions, proche de la nature, avec un grand dynamisme culturel.

Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Malheureusement peu, mais j’ai écouté quelques extraits sur le net et j’aime bien “Children of Bodom” par exemple.

Et comment pourriez-vous définir votre style musical?
Disons que j’ai du style, mais pas d’appartenance. Je me situe quelque part entre le rock, la pop, la chanson et l’électro. Dans ce sens, je me sens proche de quelqu’un comme Brian Eno.

Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Je reste fidèle à ce que je suis, c’est à dire que mon style musical change comme je change, ce n’est pas un choix commercial ou tactique.

Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
J’aime bien explorer ce que la technique met à notre disposition. Le magnétophone multipiste, le direct-to disque, les synthés, samplers, l’informatique, et l’électronique en général sont les partitons modernes sur lesquelles j’écris. Ma musique évolue avec.

Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Je pourrais enregistrer avec plaisir un disque plus live, ou même de guitare acoustique, mais je ne me pose pas ces questions. J’ai entendu récemment l’interview d’une artiste qui disait qu’elle faisait du Radio Head pour tel disque, et du je-ne-sais-plus-quoi pour tel autre.
Pour mes disques je me cantonne à du Jean-François Coen.

Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
La Tour de Pise, Pepita, Camille, Un film Snob pour Martien, Calamity Jane, Vive l’Amour. Je ne sais pas, je ne peux pas répondre. Parfois je les trouve vraiment jolies. Il m’arrive aussi de ne pas pouvoir les écouter.

Préférez-vous la scène ou le studio?
Je n’ai pas assez d’expérience de la scène, ou alors quand je jouais de la basse dans un groupe de rock. Un concert sur deux se terminait par une bagarre générale. Ça ne me laisse pas des très bons souvenirs.

Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
Les maquettes, l’écriture. Lorsqu’une chanson, un titre ou une idée prend forme. En fait ce qui apparaît vite, sans laisser le temps de douter. Les errements peuvent se révéler très pénibles.

Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Captain Beefheart. Dimanche prochain je vais voir Vic Moan. Il n’existe qu’un disque de lui, je vais à ses concert comme on met un CD sur sa platine. Prodigi. Un tromboniste qui s’appelle Rico.
Ce qui me tombe sous la main. Au début des années 80, j’écoutais tout le temps une K7 sans titre. Et de temps en temps je demandais à un disquaire, “Est-ce que vous connaissez une chanson avec une partie de cuivres qui fait tatatatatatatata…”. C’était Youssou N’Dour.

Que pensez-vous d’Internet en tant que musicien?
Où que l’on se trouve, cela rend accessible tous les catalogues des musiques enregistrées quasi instantanément. C’est un progrès qui n’est pas sans conséquences sociales. Je n’apprécie pas le discours des majors qui se prévalent du droit des artistes pour défendre leur monopole, mais je préfèrerais qu’on achète mes chansons évidemment. C’est difficile de déterminer la part d’internet et des copies dans la crise du disque.

Et actuellement, quels sont vos projets?
Constituer un groupe pour la promo live.

Seriez-vous prêt à venir dans les pays nordiques pour nous rendre visite?
J’adorerais.