Pourriez-vous nous dire comment avez-vous décidé de devenir musicien?
Depuis mes études de clarinette classique au conservatoire  de  Caen, je m’étais dit  que ce métier aurait pu me convenir, sans avoir pensé que cela aurait pu m’arriver. En arrivant en Bretagne, j’ai découvert un langage musical traditionnel très puissant et une culture vivante de la clarinette. Rapidement coopté dans des groupes de fest-noz, j’ai réappris différemment  l’instrument. Après mon diplôme d’état d’éducateur spécialisé, j’ai pris la décision de me lancer dans l’aventure avec cette nouvelle famille de musiciens traditionnels de Bretagne. Ce qui m’a passionné à l ‘époque c’est  la possibilité dans ce cadre des musiques vivantes de se réinventer un langage. Ce désir d’une “nouvelle clarinette” ne m’a plus quitté et guide depuis les étapes de ma carrière.

Parmi tous les musiciens qui vous ont influencé, quels ont été les plus marquants?
Archie Shepp, Michel Portal, Louis Sclavis, Valentin Clastrier, mais aussi Iwan Thomas.

Quels sont les avantages et les inconvénients du fait d’être musicien?
Les avantages sont une forme de liberté relative, de possibilité de création artistique, une forme de reconnaissance aussi.
L’inconvénient majeur, c’est la précarité à laquelle on s’expose.

Si je vous dis “Finlande” ou “Finlandais” à quoi pensez-vous?
Au froid

Connaissez-vous la musique finlandaise ou des artistes finlandais?
Non, mais je ne demande qu’à découvrir.

Et comment pourriez-vous définir votre style musical?
Une forme de musique traditionnelle fiction, improvisée…

Avez-vous le sentiment que votre style musical a beaucoup changé au cours des années?
Je ne pense pas qu’il ait fondamentalement changé, je pense plutôt qu’il s’est affirmé dans cette démarche, à la fois stylistique et instrumentale

Comment percevez-vous ces changements et comment les expliquez-vous?
L’âge et un recul sur les choses…la viellesse quoi!

Avez-vous déjà envisagé de changer totalement de style musical?
Oui, j’y pense souvent et je travaille beaucoup de musiques différentes, mais il me semble que cette manière de penser ma musique , si elle évolue, ne  pourra plus changer beaucoup…car elle s’impose à moi de plus en plus.

Quel est, dans votre répertoire, le titre que vous préférez?
Je ne peux pas répondre à cette question. Ce que je sais, c’est que les titres que j’aime bien ne sont pas souvent les préférés des auditeurs.

Préférez-vous la scène ou le studio?
Je n’aime pas beaucoup le travail en studio. Ce qui me plait c’est le côté fugitif de la musique, ce qui ne reste pas, qui est le reflet d’un instantané et donc impossible à garder.

Pendant la préparation d’un titre ou d’un album, quelle est l’étape que vous préférez?
La découverte initiale de l’histoire du morceau. Le truc, le détail qui va permettre la construction.

Quelles musiques écoutez-vous en ce moment?
Magic Malik

Que pensez-vous d’Internet en tant que musicien?
C’est peut-être une alternative pour le musicien de se faire connaître, de montrer son travail.

Et actuellement, quels sont vos projets?
Je prépare une rencontre avec un danseur, mime, manipulateur d’objet Markus Schmid . Markus  manipulera un objet de diffusion dans lequel je passerai des boucles (musicales) jouées en direct. Une histoire risquée et difficile mais qui s’annonce passionnante.

Seriez-vous prêt à venir dans les pays nordiques pour nous rendre visite?
Bien sûr mais bien couvert!