Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ?
Depuis l’âge de 10 ans, j’ai toujours eu un intérêt vif pour la chose publique et l’action politique. En parallèle, j’ai été élevé par une tante « hussard » de la République qui m’a appris qu’il fallait travailler et aimer la France.
Cette éducation m’a conduit presque naturellement à vouloir servir mon pays. Je suis diplomate, conseiller des affaires étrangères dans la vie civile et après plusieurs postes à l’étranger, Alger, Lagos et Berlin, je suis revenu en France en 1980 où je me suis lancé dans l’action politique. Elu conseiller municipal en 1983, j’ai été élu en octobre 1988 conseiller général des Yvelines puis maire en 1989, député en 1993, réélu depuis.

Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ?
Etre député ne peut être analysé en termes d’avantages et d’inconvénients ; il faut avoir la foi et servir ses convictions – j’espère que tous les députés en ont – , être tenace, car aujourd’hui face à une réalité devenue complexe, la moindre action est une course d’obstacles pour faire prévaloir l’intérêt général.
Le député a trois fonctions. La première est, bien sûr, de légiférer, c’est-à-dire de faire les lois, même si aujourd’hui plus de 60%, voire 70% de notre législation émane de Bruxelles et de la technocratie qui y règne en maître. La deuxième fonction est de représenter, c’est-à-dire de siéger à l’Assemblée Nationale en représentant les Français, la troisième est de contrôler le gouvernement et l’action publique. Cette dernière fonction s’est d’ailleurs fortement développée à travers les missions d’informations et les commissions d’enquêtes.    
                                                                                                                                                                                                 Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire. Quel regard portez-vous sur l’expatriation ?
J’ai connu moi-même l’expatriation, certes dans des conditions particulières puisque je représentais la France à l’étranger. J’ai rencontré nombre de nos concitoyens qui, à travers leurs actions économiques ou culturelles, concourent directement au rayonnement politique de notre pays.
Il me paraît légitime que des jeunes Français veulent vivre cette expérience. Il va de soi que si toute la jeunesse de France partait, la France se viderait de sa substance d’avenir ! A nous de créer les conditions qui feront qu’en termes économiques et politiques, nos concitoyens retrouvent tôt ou tard la mère patrie pour continuer à œuvrer au sein de la communauté nationale.

Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ?
Je n’ai pas pour projet aujourd’hui de m’expatrier puisque je suis totalement engagé dans l’action politique et que je me bats pour faire passer un certain nombre de mes idées pour la France. Mais je suis toujours prêt à effectuer des missions à l’étranger soit au nom de la Commission des Affaires Etrangères à laquelle j’appartiens, soit au nom de la Délégation de l’Union Européenne à laquelle j’appartiens également, afin de recueillir, à travers l’expérience personnelle, les nécessaires informations de mon combat politique dans tous les domaines, politique, économique, culturel et sociologique.

Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés par leur pays comme des citoyens de  seconde classe… que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ?
Les Français qui travaillent à l’étranger, je l’ai déjà dit, concourent au rayonnement de notre pays et sont autant de relais individuels pour faire connaître la France : expliquer ses positions, créer les liens individuels qui viennent enrichir les relations transnationales qui ont pris un essor formidable ces dernières années grâce à la mondialisation. Dans ces conditions, la présence des Français à l’étranger est, dans mon esprit, un élément d’influence que nous ne pouvons pas négliger comme le font d’ailleurs les autres puissances de la planète.
Je regrette cependant que nous n’ayons pas su développer une grande chaîne d’information nationale qui puisse alimenter nos concitoyens à l’étranger via les ondes sur les événements de la mère patrie. J’espère que la nouvelle chaîne internationale remplira rapidement cette mission.

Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ?
La Finlande restera pour les Français le pays d’un peuple valeureux, qui s’est battu avec succès pour son indépendance. Ce qui est bien la preuve qu’il n’y a pas, contrairement à ce que disent les experts du café du commerce, de corrélation entre la taille et la puissance. La spécificité finlandaise est le charme de cette nation libre.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Française de Finlande ?
Vous vivez au sein d’une Nation qui veut rester elle-même, en ayant la volonté de coopérer avec les autres pays d’Europe et du Monde.
Pour ma part, j’ai la même ambition pour la France. Votre action s’inscrit dans le cadre de ces réalités pour nourrir le dialogue des cultures, fondement même de l’Humanité.