Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique?
En premier l’envie de participer à la mise en place des régions dans mon Pays. Très tôt, j’ai été  en effet convaincue que le « global-local » est un bon moyen de traiter les problèmes qui concernent nos concitoyens. Puis ayant été plus de 15 ans conseiller régional et présidente de la région Rhône Alpes, le besoin de faire comprendre au niveau national tout l’intérêt qui s’attache à laisser les acteurs imaginer, expérimenter et après évaluation, généraliser s’il le faut les bonnes pratiques. J’ai le regret de constater aujourd’hui que notre Etat trop centralisateur tue les efforts et bonnes idées du terrain.
 
Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée?
Pour toutes personnes qui aiment écouter vivre son pays, il y a beaucoup de plaisir à constater les évolutions en marche …qui viennent d’ailleurs des Français eux-mêmes. Mais les inconvénients sont tous liés à un problème majeur : la France n’a pas la culture de la démocratie et de ce fait, les évolutions peinent à se développer et la bonne volonté des acteurs du développement s’essouffle.

Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l’expatriation des Français?
Je fais partie de ceux, aides financières à l’appui cf. politique régionale en faveur des bourses aux jeunes plus de 6OOO en 2004 en Rhône alpes, qui aident les jeunes français à aller travailler ou faire un semestre universitaire à l’étranger car je considère que c’est pour eux le moyen d’accroître leurs compétences et de développer leur personnalité. Leur présence à l’étranger est par ailleurs une bonne chose pour le pays. Un des penseurs que j’apprécie – F. Perroux- disait fort justement que les français à l’étranger sont des « colonies » qui portent notre drapeau.

Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir?
En dehors de l’Italie, j’irai en Inde à Bangalore ou dans les pays baltes.
 
Pour quelles raisons?
Ils construisent leur avenir sans peur.
 
Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés par la France comme des Français de seconde classe… que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet?
Je les remercierai à la manière de Perroux parce qu’ils portent là où ils sont un peu de nous, un peu de notre culture. Ils peuvent ainsi contribuer à donner le réflexe France et donc, aider nos produits à pénétrer ces marchés.

Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais?
Mes connaissances ne sont que livresques mais je ne vous cacherai pas que je trouve assez formidable leur capacité à s’adapter, je dirai même à avoir construit si rapidement de nouvelles stratégies de vie et d’action.  

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ?
Vous allez un jour je l’espère, revenir à la « maison ». Je souhaite que vous soyez bien accueilli : tout ce que vous aurez appris en Finlande n’est pas transposable dans notre pays, mais vous aurez acquis une ouverture d’esprit qu’il faudra faire partager dans vos vies privées et professionnelles, car le monde doit être notre horizon.